Contexte et tendances ESG

Face aux différents risques auxquels elle est exposée et aux opportunités que son métier de banque et son territoire lui présentent, la BMCI veille à l’identification et la compréhension des enjeux majeurs de son écosystème et des impacts de ses activités.

Principaux impacts, risques et opportunités

Contexte international

GIEC

Le dernier Rapport du GIEC (Groupement Intergouvernemental d’experts sur le climat) met l’accent sur l’urgence d’un déploiement de mesures concrètes et à grande échelle pour la réduction des gaz à effet de serre (GES). En effet, rester sous un réchauffement global de 1,5°C, nécessite que les émissions de GES mondiales diminuent de 45% d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2019. Ceci requiert d’après le GIEC, entre autres, la cessation immédiate de tout nouveau projet fossile pour se maintenir en dessous de 1,5°C de réchauffement.
Par ailleurs, sur la base des politiques actuelles, le GIEC estime que le monde se dirige dangereusement vers un réchauffement de +3,2°C d’ici la fin du siècle avec des conséquences catastrophiques sur l’environnement et la société, telles que la montée des eaux, l’augmentation en fréquence et en intensité des événements météorologiques extrêmes, l’acidification des océans et le bouleversement de la biodiversité, etc.

Pacte Vert

Pour atteindre les objectifs liés au changement climatique, et notamment devenir neutre en carbone d’ici 2050, l’Union Européenne (UE) s’engage à réduire ses émissions dans une première étape d’au moins 55% d’ici 2030 (par rapport à 1990), dans le cadre du pacte vert pour l’Europe. Dans ce sens, et pour contribuer à l’atteinte de ces objectifs, l’UE a mis en place une taxonomie européenne qui désigne une classification des activités économiques ayant un impact favorable sur l’environnement, l’objectif étant d’orienter les investissements vers les activités « vertes ».

Taxe Carbone

En Juillet 2021, la commission Européenne a proposé la taxe carbone aux frontières de l’UE comme l’un des piliers du pacte vert. L’objectif est de taxer les produits importés ayant une empreinte carbone assez importante et d’éviter par conséquent une délocalisation de la production à forte empreinte carbone en dehors de l’UE, dans des régions moins regardantes sur le sujet. Une phase transitoire devrait débuter en 2023 jusqu’en 2025 durant laquelle les importateurs seront amenés à suivre et communiquer sur leurs émissions CO2. La taxe deviendrait effective à partir de 2026.

Contexte marocain

Dans ce contexte marqué par une prise de conscience de plus en plus forte des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), et des risques opérationnels qui y sont liés, ces sujets sont scrutés par différentes parties prenantes et gagnent progressivement en importance au Maroc sur le plan stratégique et réglementaire. Le Maroc a revu ses ambitions à la hausse, en termes de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre et a présenté à l’occasion de la COP26 deux objectifs :
  • Un objectif inconditionnel qui consiste à atténuer ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 18,3% en 2030 ;
  • Contexte et tendances ESG
Dans ce sens, le Maroc s’est engagé à ne plus financer de nouvelles centrales à charbon, dans le cadre de la « Déclaration de transition du charbon vers une énergie propre », paraphée par Mme la ministre de la Transformation écologique et du Développement durable, Leila Benali.
Le déploiement des énergies renouvelables a été revu à la hausse avec un objectif de 60% en termes de capacité installée en 2030 vs 52% précédemment, et le Maroc cible une économie d’énergie de 20% à horizon 2030 dans le cadre de la stratégie nationale d’efficacité énergétique.

Les Objectifs de Développement Durable (ODD) au Maroc

Le Maroc a publié le Rapport national de la mise en œuvre des ODD qui présente le niveau des réalisations de ces objectifs, au titre de 2020 :
  • Des cibles sont déjà atteintes, à savoir, l’éradication de la faim, la réduction de la mortalité maternelle et infantile, la généralisation de la scolarisation primaire, la réalisation de la parité filles-garçons dans tous les cycles scolaires et la généralisation de l’accès à l’eau et à l’électricité.
  • Des cibles seront atteintes avant 2030, notamment le cas de la lutte contre la pauvreté, l’amélioration de la nutrition des enfants de moins de 5 ans et la généralisation de la scolarisation dans tous les cycles scolaires.
Des cibles qui présentent des défis majeurs dont le Maroc est conscient et œuvre à les relever à horizon 2030. Il s’agit, en particulier, de la réduction des inégalités sociales, territoriales et genre, la promotion de la croissance économique et de l’emploi décent, notamment pour les jeunes et les femmes, la préservation de la biodiversité marine et terrestre et la lutte contre les effets du changement climatique.

AMMC

La circulaire n°03-19 par l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) a instauré depuis 2020 l’obligation pour les émetteurs de publier un Rapport ESG intégré au Rapport Financier Annuel, destiné à informer le public, notamment, sur l’impact des activités de l’émetteur sur l’environnement, ses relations avec les employés et ses parties prenantes externes, ainsi que sa gouvernance.

Nouveau Modèle de Développement

La Commission Spéciale sur le Modèle de Développement a remis en 2021 à sa Majesté le Roi Mohammed VI le Rapport portant sur le Nouveau Modèle de Développement. Ce nouveau modèle est centré sur la satisfaction des besoins des citoyens, la réduction des disparités et inégalités, et l’instauration de la justice sociale et territoriale. Le Rapport met en avant cinq objectifs principaux de développement à horizon 2035 :
  • Prospérité : création de richesse et d’emplois de qualité pour tous avec répartition équitable des fruits de la croissance ;
  • Capacitation : renforcement des capacités et compétences du capital humain ;
  • Inclusion : l’autonomisation et la capacitation de tous les Marocains, femmes et hommes, avec une attention particulière aux jeunes, et renforcement de la protection des plus vulnérables ;
  • Durabilité : préservation des ressources et protection de la biodiversité ;
  • Leadership : consolider son rayonnement régional dans les domaines d’avenir cibles à savoir le numérique, l’éducation et la recherche, l’énergie bas carbone, la finance, le Made in Maroc.
Ces objectifs impliquent des principes d’actions pour les différentes parties prenantes pour garantir une mise en œuvre effective des actions et l’atteinte des objectifs de développement :
  • Approche résultats et impact citoyen : l’impact concret sur la vie du citoyen et l’obligation de résultats doivent devenir les critères premiers de pertinence des stratégies, des politiques publiques et des projets de développement pour tous les acteurs (centralité du citoyen), et de responsabilisation des acteurs ;
  • Approche systémique et partenariale : mobiliser et faire collaborer systématiquement tous les acteurs concernés aussi bien dans la conception que dans la mise en œuvre des stratégies ou projets ;
  • Renforcement des capacités : doter l’ensemble des acteurs des capacités nécessaires leur permettant de mobiliser leurs énergies en faveur de la concrétisation des objectifs de l’ambition de développement ;
  • Subsidiarité des territoires : maximiser les marges de décision et d’action au niveau le plus pertinent pour permettre une action agile et efficace ;
  • Soutenabilité et efficience : l’intégration systématique dans l’action les exigences de durabilité environnementale et de soutenabilité financière ;
Cinq leviers ont été identifiés pour l’amorçage du modèle de développement et sa mise en œuvre : le numérique, un appareil administratif efficace, la mobilisation des financements nécessaires au nouveau modèle de développement, la mise à contribution des Marocains du Monde, la mobilisation des partenariats internationaux.